La pression est inévitable mais le stress est optionnel

LA PRESSION EST INÉVITABLE, MAIS LE STRESS EST OPTIONNEL

Le sujet d’aujourd’hui est le stress et la pression, et la différence entre ces deux.

Nous entendons parfois les gens dire: «Elle a un travail stressant.» Cela implique que le travail est à blâmer lorsque le travailleur a des difficultés à s’adapter. Est-ce généralement le cas?

Un de mes voisins était épuisé pendant qu’il ne travaillait que 12 heures par semaine. Le connaissant un peu, je savais que le stress ne venait pas de l’extérieur – il venait de l’intérieur de lui.

Explorons la différence entre le stress et la pression un peu plus. La pression vient de l’extérieur – pensez à une marmite à pression. Pourtant, tout ne se transforme pas en purée dans un autocuiseur. Une tomate durerait peut-être une minute. Un bocal en verre, par contre, pourrait passer toute une journée ou plus dans cette machine à pression sans effet néfaste. Il ne fait aucun doute qu’il existe des travaux à haute pression et des environnements à haute pression. Il y a des situations où l’on sent la pression. Pourtant, l’effet de la pression qui vient de l’extérieur n’est pas le même pour chacun de nous.

Êtes-vous une tomate ou un bocal en verre?

C’est une question importante, car elle détermine comment vous réagissez à la pression.

Voici une question à contempler:

Est-ce que j’intériorise la pression? Suis-je centré sur moi-même ou non?

Lorsque nous nous dépêchons, par exemple, nous perdons notre centre. Nous essayons de nous conformer à une pression externe.

Il y a une différence entre un joueur de basket qui court au bout de la cour avec rapidité et grâce, et une personne stressée qui se dépêche pour sortir de la maison et perd ses clés. Le basketteur est fluide en ses mouvements. La personne stressée se sent dépassé et mal à l’aise. Le joueur de basketball est centré.

La personne stressée a perdu son centre. Le corps et l’esprit du joueur de basket-ball ne font qu’un. La personne stressée a « plus d’adrénaline, de cortisol et de caféine qui coule dans ses veines que de sang », comme le dit le dictionnaire urbain.

La pression peut être particulièrement difficile pour les perfectionnistes. Le perfectionnisme trouve un allié dans la pression externe et s’allie à lui. Il intériorise la pression. Il s’y identifie. Peut-être l’avez-vous remarqué: c’est souvent les gents gentils qui s’épuisent le plus. Être ‘superwoman’ ou ‘superman’ a des inconvénients!

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Où se situe la pleine conscience dans tout cela?

La pleine conscience permet de distinguer la pression extérieure de nos pensées autour de cette pression. Si on a des pensées comme: «C’est terrible. Je ne pense pas que je puisse gérer cela,” sachez que ces sentiments sont de votre propre création. « Just do it », comme le dit l’expression. Prenez un souffle profond, lâchez prise, et continuez votre journée.

Être un penseur a été glorifié: la pensée est la plus haute activité du cerveau humain, n’est-ce pas? Pourtant, parfois penser se confond avec rêvasser. Quand on travaille, c’est l’action qui compte. Lorsque vous êtes absorbé par le travail, vos pensées sont intégrées à ce que vous faites. Lorsque vous commencez à rêver, ce n’est pas le cas. La, la pensée devient une distraction.

La pleine conscience nous permet de reconnaître ces différents types de pensées.

Les gens que je vois dans les groupes de pleine conscience se plaignent de l’abondance de leurs pensées. Selon la psychologue Susan Nolen-Hoeksema, les femmes pensent plus que les hommes. Peut-être est-ce la source de leur ingéniosité, et pas seulement une faiblesse.

La vraie question est, qui est-ce qui dirige votre vie, vous ou votre cerveau? Comme tous les autres organes, votre cerveau est là pour contribuer à votre bonheur et à votre bien-être. Si ce n’est pas le cas, mettez le à la porte!

Ou mieux, ayez un entretien cœur à tête avec lui.

Le fait est que le cerveau peut oublier sa responsabilité envers l’organisme tout entier, et suivre son propre programme et ses propres intérêts. Pourtant, le cerveau n’est pas le seul organe qui fait cela. Les papilles le font aussi. Quand elles le font, nous mangeons trop ou mangeons des cochonneries, ou les deux. Lorsque les papilles suivent leur propre programme sans se soucier du bien-être de l’organisme tout entier, elles peuvent nous nuire à notre santé.

Les organes sexuels le font aussi et, dans le processus, détruisent parfois les mariages et brisent les familles. Ainsi ils créent le malheur plutôt que le bonheur pour l’organisme entier, tout en se rendant heureux. C’est le contraire d’une vision holistique.

Respirez profondément maintenant, et remarquez ce que votre esprit fait. Est-ce qu’il rumine, est-ce qu’il rêvasse, ou est-ce qu’il vous fait avancer dans vos projets? Est-il occupé à remarquer ce qui ne va pas, ou est-ce qu’il célèbre le moment présent?

Nous avons tous de la pression, et nous en avons besoin. En ce moment, vous éprouvez une pression atmosphérique considérable. Vous ne pouvez pas vous en passer. Si vous vous trouvez dans l’espace, et sans cette pression, vos poumons vont éclater. L’oxygène dans le reste de votre corps se dilatera pour vous faire gonfler jusqu’à deux fois votre taille normale. Les surfaces de votre langue et de vos yeux vont bouillir et vous mourrez en 90 secondes. Nous sommes faits pour la pression, et nous fleurissons sous une certaine pression. Des études montrent que nous sommes plus heureux au travail que lorsque nous sommes engagés dans des loisirs passifs comme regarder la télévision.

Évitons de transformer la pression en stress. Le stress vient de notre attitude face à la pression. Les gens qui courent des marathons et escaladent des montagnes créent de la pression pour eux-mêmes délibérément parce qu’ils l’apprécient. En conséquence, leur attitude envers la tâche en question est positive. La pleine conscience implique une autosurveillance. Avec l’autosurveillance, nous pouvons être conscients quand la pression se transforme en stress, et avec une respiration profonde, nous pouvons dégonfler ces sentiments de stress. Ensuite, l’autosurveillance se transforme en autorégulation.